Le papier est un matériau qui se transmet depuis plus de cinq millénaires: hérité de nos ancêtres les Égyptiens qui ont extrait le papyrus d’un roseau du Nil, il n’a cessé d’évoluer au cours des siècles: d’abord concurrencé par le parchemin en Asie, il se voit remplacé par la pâte à papier au cours du IIe siècle, avant de se développer un peu partout sur la planète pour arriver en France au XIIIe siècle. Ce n’est qu’en 1445 que Gutenberg mis la main à la pâte et inventa l’impression. Aujourd’hui encore, nous utilisons le papier au quotidien, et son industrie continue de s’étendre à l’international. Le papier est bel et bien un matériau qui évolue avec son temps, puisque l’on cherche depuis quelques années à y intégrer des nouvelles technologies, comme l’électronique imprimée ou la réalité augmentée. Allons-nous vers un papier intelligent? Selon l’institut national du papier (INP), le papier intelligent…

« communique[rait] de manière autonome, possède[rait] les ressources électroniques pour comprendre des données extérieures et lancer une action adéquate ».

Nous comprenons ainsi que le papier intelligent serait un papier capable d’interagir avec l’électronique, soit un papier connecté.

MAIS

Le papier est avant tout un matériau écologique. Car bien que faisant appel aux technologies les plus pointues, l’industrie papetière utilise pour sa fabrication des fibres de cellulose.

N.B: La cellulose est un matériau naturel et renouvelable qui provient de chutes de scieries ou de plantations et de l’entretien des forêts, ainsi que  de papiers recyclés.

Le PAPIER DU FUTUR…

  • Un papier ayant toutes les fonctions d’un écran.

Grâce à un rétroprojecteur et une caméra détectant les mouvements en 3D, le papier, tel un écran, devient tactile (technique développée par SONY, Fujitsu…). Ainsi des animations peuvent surgir d’un livre, des informations d’une page peuvent être sélectionnées et stockées… Cependant il s’agit d’un système imposant qui à heure actuelle ne peut être réduit. Dans ce cas, le papier n’est qu’une composante d’un système intelligent, mais il n’est pas intelligent en lui seul. Il n’est que support.

 

D’autre part, des recherches dans le domaine des nouveaux matériaux sont menées afin de substituer les écrans traditionnels à des écrans à base de composants organiques, proches du papier, comme il en est le cas pour les écrans OLED (Organic Light-Emitting Diode), pouvant s’enrouler autour d’un crayon telle une feuille de papier. Cependant il s’agit ici de l’écran qui se rapproche de la structure du papier, et non l’inverse.

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Source: usine-digitale.fr
  • Une encre qui s’efface toute seule.

Le Pilot Frixion est un stylo dont l’encre est effaçable au micro-ondes ou sous l’effet de la chaleur générée par le frottement entre la gomme et l’encre. Il s’agit cependant d’une solution apportée par l’encre et non le papier, qui est un papier classique.

  • Un papier qui puisse stocker des informations numériques, tel une clé USB.

Des prototypes de clé USB en papier ont été réalisés par la société IntelliPaper, en superposant une puce en silicone et trois feuilles de papier avant un laminage, puis l’impression de l’un des côtés du processeur d’un connecteur USB, puis la réalisation de pointillés.

  • Un papier avec lequel on puisse échanger des informations.

Comme nous l’avons vu précédemment, ce type d’interaction n’est pas possible sans un rétroprojecteur et une caméra. Toutefois nous pourrions envisager une autre proposition, basée sur les encres conductrices: en touchant un circuit électrique dessiné sur une feuille, lequel comprendrait une puce programmée et serait alimenté par une batterie, on pourrait obtenir à l’écran d’un appareil la définition d’un mot ou des informations complémentaires sur celui-ci. Ainsi, le circuit serait activé au simple contact du doigt et les informations affichées à l’écran de l’appareil.

  • Un papier pouvant stocker des informations.

Cela est rendu possible grâce à la RFID, qui contrairement aux codes barres classiques, permet le stockage d’informations dans une feuille de papier. L’antenne rfid va ensuite permettre à cette information d’être lue sur un smartphone lorsque celui-ci rentre dans son champ électromagnétique.

  • Un papier qui ne se déchire jamais

Cela relève du processus de fabrication du papier: l’idée est d’intégrer des substances polymères dans ses fibres, comme il en est le cas pour certains billets de banque. Il s’agirait d’une base plus performante pour toutes les solutions de papier connecté apportées précédemment, cependant son coût serait nettement plus élevé!

  • Un papier capable de numériser automatiquement les dessins.

Idée exploitée par Moleskine avec la création d’un carnet dont les feuilles sont imprimés avec des rangées de petits points, un schéma détectable par le stylo Pen+, muni d’une caméra infrarouge qui repère ainsi les traits pour les numériser en temps réel. Il est nécessaire de posséder l’application NOTES de la marque à partir de laquelle les dessins peuvent être modifiés et partagés et du texte ajouté.
Nous ne pouvons pas tout à fait parler de papier intelligent puisque le papier tout seul est incapable de communiquer avec l’électronique: le stylo est indispensable, tout comme l’application. Cela relève même plutôt de l’illusion d’un papier intelligent: celui-ci semble être relié virtuellement au téléphone et le stylo est d’apparence classique, alors qu’en réalité l’un ne peut pas fonctionner sans l’autre.